Loterie solaire

(titre original : Solar Lottery)

 

Roman de Philip K. Dick paru dans la collection J'ai Lu (n547), traduit par Frank Straschitz.

Les comportements sociaux et politiques sont établis sur des stratégies identiques à celles du poker. Pour éviter d'être gouverné par la duperie et le mensonge, on a inventé le Minimax : désormais, c'est le hasard qui désignera le Meneur de Jeu. La position n'est pas pour autant de tout repos, car des assassins sont officiellement désignés pour l'abattre. C'est probablement ce qui va arriver à Cartwright, l'inconnu qui vient d'arriver à ce poste et dont l'esprit est obnubilé par une expédition marginale destinée à découvrir une dixième planète dans le Système Solaire. L'originalité est en effet mal vue. Ainsi la poésie est-elle décrite par cette expression savoureuse : "textes d'écriture automatique relevant de la psychiatrie".

Avouons-le, le contexte général est daté : on doute franchement de la colonisation du système solaire (et des baies qui poussent dans les schistes de Callisto), surtout quand Dick mentionne les constructions souterraines sur Uranus et Neptune (sic !). Il semble également s'aventurer sur terrain glissant dans ses références au Principe d'Incertitude. Quant à ses allusions au missile soviétique qui a frappé San Francisco au cours de la Guerre Finale, considérons-la comme quasi-inévitable en 1955.

Néanmoins, ce court roman réserve des surprises. Il se compose de deux histoires parallèles : la quête de la dixième planète, qui conclut le récit, est non seulement peu réaliste mais aussi très peu convaincante. En revanche, l'intrigue principale, qui occupe les trois quarts du roman, est beaucoup plus intéressante. Pleine de rebondissements, elle parvient à tenir en haleine le lecteur. "Le meilleur roman de Van Vogt", selon un bon mot bien connu, une boutade non dénuée de fondement tant la lignée des premiers romans de Dick est claire.

 

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